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Les Pays-Bas sous le choc

20 personnes ont trouvé la mort dans l'explosion d'un entrepôt de feux d'artifice
Mis à jour le dimanche 14 mai 2000

Encore sous le choc, les rescapés d'Enschede dans l'est des Pays-Bas où 20 personnes ont trouvé la mort dans l'explosion d'un entrepôt de feux d'artifice samedi, pansent leurs plaies après le drame qu'ils disent avoir vécu comme un "crash aérien" ou un "bombardement".
Les sauveteurs ont mis un terme à leurs recherches, « S'il reste des gens là-dedans, ils sont morts maintenant », a déclaré à un responsable de la police.
Une grande partie des victimes sont des personnes qui s'étaient rassemblées dans les rues voisines, ignorant les risques d'explosion engendrés par l'incendie initial. Les enquêteurs occupent désormais le terrain pour tenter de trouver des indices expliquant l'origine de la gigantesque explosion qui s'est produite samedi en milieu d'après-midi, soufflant les maisons et mettant le feu aux véhicules dans le quartier. « Leur travail est difficile. Il y a des endroits où la chaleur est si intense qu'ils ne peuvent s'y aventurer », a expliqué le maire-adjoint de la ville, Rinus Althof.
La reine Beatrix et le Premier ministre Wim Kok se sont rendus sur les lieux. On a pu voir la souveraine des Pays-Bas réconfortant un policier au bord des larmes.
La police a précisé que, sur les 20 morts comptablisés, sept cadavres restaient à récupérer. Dimanche, 62 blessés etaient toujours hospitalisés, dont onze en unité de soins intensifs.
Quelque 2 000 personnes ont également été évacuées du quartier sinistré. Quatre cents d'entre elles ont passé la nuit dans un gymnase reconverti en refuge provisoire.
Martijn Wiodboer, porte-parole de la ville, a expliqué que le feu avait pris à l'extérieur d'un entrepôt de la société de feux d'artifice S.E Fireworks et qu'il s'était propagé à la zone de stockage qui contenait quelque 100 tonnes de feux d'artifice.

Les responsabilités

Selon des témoignages recueillis par la télévision allemande ARD, l'explosion a été si forte que des morceaux de verre et de béton ont volé à plusieurs kilomètres à la ronde. Le quartier ravagé, quasiment rasé, s'étend sur 500 mètres carrés.Les autorités refusent pour l'instant de se prononcer sur un éventuel lien entre la catastrophe et de récents incendies à Enschede que les autorités soupçonnent d'être d'origine criminelle.
Le secrétaire d'Etat au ministère néerlandais de l'Intérieur, Gijsberg de Vries, a déclaré à la télévision allemande qu'il était encore trop tôt pour déterminer les causes de la catastrophe. Les autorités policières ont bouclé la zone du sinistre dans un rayon de 700 mètres. Le Premier ministre Wim Kok s'est prononcé pour « une enquête approfondie et indépendante » afin de faire toute la lumière sur ce tragique évènement.
Selon la télévision, les habitants d'Enschede se demandent comment les autorités ont pu autoriser le maintien d'un dépôt de feux d'artifice en plein quartier résidentiel.
Un procureur néerlandais, Roelof Manscoc, a déclaré que l'entrepôt avait été inspecté il y a seulement quelques mois et qu'il semblait fonctionner conformément au permis, a rapporté la télévision allemande.

Reuters et AFP



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